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Une semaine après les attentats de Paris, les représentants des différents cultes étaient rassemblés ce samedi en mairie de Roubaix, pour faire passer un message de paix et de fraternité. Le besoin de se rassembler s’est aussi fait entendre.

PUBLIÉ LE 21/11/2015 Nordeclair

PAR CHARLES-OLIVIER BOURGEOT


Le salon d’honneur offre une vue imprenable sur le drapeau bleu, blanc, rouge qui flotte à l’extérieur de l’hôtel de ville. Dans la salle, les présidents des six mosquées de Roubaix, des imams, un curé, des pasteurs, un représentant du culte bouddhiste, des élus et les membres de l’association Roubaix Espérance qui regroupe en son sein les diverses sensibilités philosophiques et spirituelles de la ville.

Elle est, avec le Collectif des institutions musulmanes de Roubaix (CIMR), à l’initiative de cette rencontre entre communautés. À la base, Ibrahim Alci, son président, souhaitait organiser une manifestation pacifique et publique pour rendre hommage aux victimes des attentats du 13 novembre. La préfecture a déconseillé ce rassemblement pour des raisons de sécurité.

Le maire a proposé une salle pour qu’un échange puisse avoir lieu. «  Dans ce moment difficile, il faut plus que jamais montrer que ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous oppose  », introduit Guillaume Delbar en appelant à éviter les amalgames. «  Ce sont des enfants de la République, nés sur le territoire, pas des méchants terroristes venus nous attaquer d’un pays étranger. On a une responsabilité collective  », a-t-il précisé, persuadé que «  c’est en partant du local, du terrain qu’on peut vraiment changer les choses  ».

« Nous sommes en France, on doit se sentir français »

C’est un «  message de paix et de fraternité  » qu’a voulu faire passer Ibrahim Alci. Se rassembler avait plus que jamais un sens. «  Bouleversés par les attentats, nous voulons montrer que le vivre-ensemble est possible  », martèle-t-il en insistant sur un nécessaire dialogue entre les cultes et les communautés. Roubaix Espérance peut et doit être ce lieu d’échange. Pendant près de deux heures, la notion de vivre-ensemble a été souvent mise en avant. Pour le président de la Solidarité, Dominique Dumontet, il faut aller plus loin. «  Le vivre-ensemble, ça ne suffit pas. Il faut travailler ensemble. C’est en travaillant ensemble qu’on se connaîtra.  »

Chacun y a été de son petit mot. D’aucuns ont tenu à rappeler leur attachement à la France, à la République et ses valeurs. À l’instar de Mohammed Wahbi, président de la mosquée Arrahma, pour qui il est essentiel de les transmettre aux jeunes. «  Il faut dire je suis français, c’est comme ça qu’il faut les éduquer. Nous sommes en France, on doit se sentir français. Moi, ce que je demande à mon pays, c’est de nous aider dans les mosquées pour qu’on puisse travailler dans ce sens-là afin que ces jeunes se sentent français et républicains.  »

 Se démarquer clairement pour éviter les amalgames